
Et si l’avenir de votre entreprise se jouait… dehors ?
« L’esprit, c’est comme un parachute. Il ne fonctionne que s’il est ouvert. » – Frank
Zappa
Dans un monde en transformation constante, marqué par l’accélération technologique,
l’urgence écologique, la complexité géopolitique et les mutations sociales, diriger une
entreprise exige plus que de la rigueur et de la stratégie. Cela demande des qualités
souvent sous-estimées comme la curiosité ou l’ouverture. L’ouverture aux autres, à
l’inattendu, à l’extérieur.
Aujourd’hui, on ne peut plus diriger une entreprise sans curiosité. Curiosité des autres,
curiosité du monde, curiosité des signaux faibles. Et pourtant, combien de fois entend-on
encore que « sortir de l’opérationnel, c’est du temps gaspillé » ? À ceux qui pensent
cela, j’ai envie de répondre : sortir, c’est investir dans l’inspiration, dans l’agilité et
servir l’intelligence collective. Sortir c’est se reconnecter au monde et prendre une
longueur d’avance.
Prenons l’exemple d’Emmanuelle Cadiou, dirigeante de Maison Cadiou. Chaque année, elle
bloque du temps pour assister à l’événement BIG organisé par Bpifrance. Elle y écoute
les talks sur la scène Bang, « se laisse inspirer, fait le plein d’idées ». Elle ne s’arrête
pas là. Elle continue de se former, année après année, malgré un agenda de dirigeante
déjà bien rempli. Résultat ? En quelques années, son entreprise est passée de 150 à 750
collaborateurs. Elle a su élargir son positionnement, clarifier sa raison d’être –
« façonner des espaces de vie extérieurs fonctionnels et harmonieux » – et prendre un
temps d’avance sur son marché. Rien de magique, juste une posture de veille, de
curiosité et de remise en question permanente.
Car non, la curiosité n’est pas un vilain défaut. Elle est même une compétence clé de
notre XXIe siècle. Être curieux des autres, c’est faire preuve d’empathie, mieux
coopérer, désamorcer les tensions. C’est un facteur de cohésion puissant. Être curieux
du monde, c’est capter des signaux faibles, détecter des opportunités, nourrir une
stratégie vivante et connectée.
Chez Lacoste, j’ai eu le plaisir d’organiser un cycle de conférences et d’ateliers autour
des soft skills pour les 700 jeunes collaborateurs du groupe. Ces moments d’ouverture
ont permis de casser les silos, de faire circuler des idées neuves, de valoriser
l’intelligence émotionnelle et relationnelle. Un pas de côté qui enrichit forcément la
culture d’entreprise.
Dans les programmes sur-mesure que je construis aujourd’hui, j’intègre de plus en
plus de modules liés à la prospective. Comprendre les évolutions sociétales, les nouveaux
rapports au travail, les mutations des modes de consommation, c’est essentiel pour
imaginer l’avenir. C’est ce que nous faisons, par exemple, avec un parcours
« Prospective Business » que je co-organise pour un acteur majeur de la grande
distribution. Sortir du quotidien pour se projeter, pour comprendre ce qui change… et
décider en conscience.Des leviers concrets pour cultiver cette ouverture :
• Participer à des conférences ou mieux : les organiser en interne. C’est un
excellent moyen d’exposer ses équipes à d’autres manières de penser et de faire.
• Créer un podcast d’entreprise et/ou en écouter. Cela permet à la fois de
valoriser les talents internes, de partager des retours d’expérience, et d’ouvrir
une fenêtre sur l’extérieur.
• Organiser des séminaires qui sortent de l’ordinaire. En changeant de cadre, on
change de regard. On se découvre autrement. Et bien souvent, les tensions
s’allègent, les liens se tissent.
• Lancer des séances de brainstorming ouvertes, des labs d’innovation ou des
hackathons internes. On y passe du mode « consommateur » au mode « acteur »,
et cela révèle souvent des talents insoupçonnés.
• Introduire des regards croisés : faire intervenir des professionnels d’autres
secteurs, inviter des artistes, des chercheurs, des journalistes… pour sortir du
champ, justement.
De plus, à l’heure de l’intelligence artificielle, des fakes news, de l’hyper-connexion et
de l’éco-anxiété, développer l’esprit critique et la culture générale de ses équipes
devient aussi vital que de savoir manier un CRM ou piloter des KPI. Ce sont ces
compétences humaines, transversales, vivantes, qui feront la différence demain voire dès
aujourd’hui !
Alors oui, sortir de son entreprise, c’est prendre un risque. Celui de découvrir autre
chose, d’être challengé, d’avoir envie de changer. Mais c’est aussi, et surtout, le
meilleur moyen de rester vivant, pertinent, inspiré. C’est faire le choix de la mise en
mouvement, de l’intelligence collective, de la lucidité.
Sortir de son entreprise, ce n’est pas s’éloigner de ses objectifs. C’est au contraire s’en
rapprocher avec plus de clarté, de hauteur et de justesse. Alors, prêts à faire un pas…dehors!
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